La cortisone
est un glucocorticoïde naturel de formule C21H28O5. Elle est
nécessaire au bon fonctionnement du corps, particulièrement
en situation de stress. La cortisone est une hormone que tout le
monde sécrète grâce à une petite glande
située au-dessus des reins (glandes surrénales). Elle
est beaucoup utilisée, sous une forme dite de « synthèse
», pour traiter de nombreuses maladies (d'origine ORL, ophtalmologique,
pneumologique, rhumatologique ) en raison de son action anti-inflammatoire.
Elle peut être prescrite en cure courte (de 5 à 10
jours) pour des problèmes « aigus » ou en cure
prolongée (supérieure à trois mois) pour des
maladies de longues durées (ou chroniques).
En rhumatologie,
elle est utilisée de façon prolongée dans les
maladies inflammatoires chroniques, telle que la polyarthrite rhumatoïde,
les vascularites (la maladie de Horton, la maladie de Wegener )
ou les maladies générales (le lupus érythémateux
disséminé, le syndrome de Goujerot Sjögren ).
Elle est aussi utilisée en cure courte notamment dans les
névralgies.
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Qu'elles en sont les effets indésirables
Ils sont liés
à « la dose cumulée » administrée
c'est à dire à la quantité prise depuis le
début de la maladie. Ils sont nombreux mais il existe des
moyens pour diminuer leur intensité.
La prise
de poids est probablement le plus connu. Il est logique de proposer
un régime pauvre en graisse et en sucres d'absorption rapide.
Le gonflement
du visage est lié à une modification de la répartition
des graisses. Il n'existe malheureusement pas de mesure pour lutter
contre cette conséquence heureusement rare, observée
pour des doses importantes.
L'hypertension
artérielle et les dèmes des jambes peuvent
être diminuées par un régime pauvre en sel.
Le régime " sans sel strict " ne doit être
prescrit que pour des doses de cortisone supérieure à
10 mg par jour.
La fonte
musculaire et les crampes peuvent être diminués grâce
à un régime riche en potassium (banane, fruits secs )
et en protéine ainsi qu'à un entretien musculaire
régulier (en fonction de vos possibilités).
Les petits
vaisseaux (ou capillaires) sont aussi plus fragiles. Les bleus
(ou ecchymoses) sont donc plus fréquents et peuvent apparaître
après des chocs minimes.
La peau peut
aussi être touchée avec un risque d'acné et
une difficulté à la cicatrisation.
Une fragilité
des os (ostéoporose) peut aussi survenir au bout d'une
durée de traitement prolongée. Il est souhaitable
d'avoir un régime riche en calcium, d'avoir une exposition
solaire suffisante (productrice de vitamine D) et de pratiquer
une activité physique régulière (qui stimule
les cellules des os). Des traitements médicamenteux peuvent
aussi être utiles si ces mesures sont insuffisantes (comprimés
de calcium associé à de la vitamine D, traitement
stimulant les cellules osseuses ).
Les infections
sont aussi plus fréquentes. La cortisone a tendance à
faire baisser les défenses de l'organisme contre les infections
(immunodépression induite). Il faut donc avoir une hygiène
corporelle très importante surtout au niveau des dents
(infection dentaire), des pieds (ongle incarné, mycose )
et de l'hygiène intime (infection urinaire fréquente).
Au moindre doute, il est préférable de consulter
son médecin.
La cortisone
a tendance à énerver les gens. Si votre maladie
le permet, il est conseiller de la prendre le matin plutôt
que le soir pour éviter les insomnies.
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Les traitements aux glucocorticoïdes
Les glucocorticoïdes
naturels - cortisone et cortisol (ou hydrocortisone) - sont utilisés
essentiellement dans l'hormonothérapie de substitution des
insuffisances surrénales. L'hémisuccinate d'hydrocortisone
a un effet très rapide et doit donc être réservé
aux problèmes d'urgence.
Les glucocorticoïdes
de synthèse ont une activité majorée pour permettre
une meilleure action anti-inflammatoire et leurs effets minéralocorticoïdes
sont très réduits. Ils sont utilisés dans les
autres indications thérapeutiques (anti-inflammatoires, immunosuppressives,
anti-allergiques) et sont définis en :
corticoïdes
à effets courts : de pouvoir anti-inflammatoire 4-5;
corticoïdes
à effets intermédiaires : de pouvoir anti-inflammatoire
à 5-10 ; corticoïdes à
effets prolongés
: de pouvoir anti-inflammatoire de 25-30.
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Historique
Les glucocorticoïdes
de synthèse sont des anti-inflammatoires connus depuis les
années 1950, au cours desquelles ils ont pour la première
fois été utilisés avec succès dans les
maladies inflammatoires, et en particulier les affections rhumatismales.
Action des glucocorticoïdes
augmentation
du métabolisme glucidique et protidique
anti-inflammatoire
antipyrétique
(font baisser la fièvre)
analgésique
(lutte contre la douleur)
anti-allergique
(action non immédiate contre les effets du contact avec
un allergène chez un sujet allergique)
baisse des
défenses immunitaires (utilité dans la lutte contre
le rejet des greffes).
Indications
des glucocorticoïdes
Maladies
auto-immunes :
Anémie
hémolytique auto-immune
Lupus
érythémateux disséminé
Dermatomyosites
et polymyosites
Périartérite
noueuse
Maladie
de Horton
Sclérodermie
Pemphigus
et pemphigoïde bulleuse
Polyarthrite
rhumatoïde
Sclérose
en plaques
Rectocolite
hémorragique et maladie de Crohn
Allergie
(souvent en association avec des traitements d'action rapide :
adrénaline par exemple)
dème
de Quincke
Urticaire
géant
Choc
anaphylactique
Réactions
inflammatoires sévères
Maladies
générales
Traitement
de fond des asthmes sévères
Sarcoïdose
Fibrose
pulmonaire
Syndrome
néphrotique
Leucémie
Certains
cancers
Transplantation
d'organes
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Effets secondaires
Les effets secondaires
d'un traitement par glucocorticoïdes se rencontrent surtout
en cas de traitement prolongé (plusieurs semaines, voire
plusieurs années). Ils peuvent être empêchés
par certaines précautions (voir paragraphe suivant).
Les effets secondaires
principaux sont :
Troubles
métaboliques : rétention hydrosodée, hypokaliémie,
alcalose, ostéoporose (par augmentation du métabolisme
protéique dans les os), fractures, retard de croissance
(enfant), retard de cicatrisation.
Troubles
endocriniens : dérégulation de la synthèse
naturelle de glucocorticoïdes à la fin du traitement,
troubles du cycle menstruel (règles irrégulières),
apparition (ou aggravation) d'une acné, hypertrichose,
fragilisation cutanée, ecchymoses.
Troubles
digestifs : aggravation d'un ulcère gastro-duodénal
(les glucocorticoïdes augmentent la secretion d'acide par
l'estomac), hémorragie digestive en cas d'ulcère
très profond, pancréatite aiguë.
Aggravation
d'états infectieux : réveil du virus de la varicelle
(d'où un zona), réveil de tuberculose, réveil
de toxoplasmose, mauvaise lutte contre les états viraux
en général (herpès, hépatite, etc.)
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Précautions d'emploi
Les précautions
d'emplois sont donc systématiques dans les traitement longs,
à dose élevée. Dans ce cas, on prescrit les
mesures suivantes :
Régime
alimentaire et supplémentations
régime
pauvre en sel et en glucides, riche en protéines
apports de
potassium
apports de
calcium (prévention des fractures)
apports de
vitamine D (même remarque)
Bilan avant
de débuter le traitement
Par ailleurs,
il convient de toujours rechercher un ulcère (et de le traiter
le cas échéant), des troubles psychiatriques, une
ménopause, une hypertension (la rétention d'eau et
de sodium liée aux glucocorticoïdes augmente le volume
sanguin, et donc la tension), une infection virale ou bactérienne.
Pendant le traitement
Surveiller
la kaliémie (potassium dans le sang), natrémie (sodium
dans le sang), le poids, la pression artérielle, l'état
cutané, la glycémie, la tolérance et la bonne
prise du traitement.
Les glucocorticoïdes,
pour mimer la libération naturelle de leur équivalent
non-synthétique, doivent être pris en une seule prise,
le matin.
En cas de
stress (infection, opération chirurgicale, traumatisme)
: une augmentation des doses est indispensable (physiologiquement,
ces états introduisent une augmentation des hormones surrénaliennes).
Fin du traitement
Afin d'éviter
de perturber la synthèse naturelle de glucocorticoïdes
par la glande surrénale, il faut toujours arrêter le
traitement très progressivement si ce dernier a été
prolongé : plusieurs paliers de 8 à 15 jours, en surveillant
la fonction surrénalienne par des tests sanguins réguliers.
Contre-indications
Il n'existe
aucune contre-indication formelle à une corticothérapie
brève et vitale. Dans les autres cas, où les glucocorticoïdes
peuvent être remplacés par d'autres médicaments,
on évitera de les prescrire dans les circonstances suivantes
:
grossesse,
allaitement
maladie virale
grave en évolution (herpès, zona, hépatite
virale aiguë) car les glucocorticoïdes entraînent
une baisse de l'inflammation et de l'immunité nécessaire
à la lutte contre ces infections,
ulcère
gastro-duodénal en évolution (c'est-à-dire
non traité),